Une plage sauvage en Guadeloupe est une crique ou une anse sans paillote ni poste de secours, souvent accessible à pied : la plage de la Perle et Cluny en Basse-Terre, Anse Castalia près de Saint-François, Pompierre aux Saintes, Petite-Terre en réserve. Les plus belles plages secrètes de Guadeloupe se méritent, et la mer y est rarement surveillée.
- Côte sous le vent de Basse-Terre
- Anses de sable blond ou de sable noir, mer plutôt calme, accès par la route puis quelques minutes de marche.
- Côte atlantique de Grande-Terre
- Paysages battus par les alizés, vagues et courants, sargasses certaines saisons : on admire plus qu'on ne nage.
- Îles du sud
- Les Saintes, Marie-Galante, la Désirade et Petite-Terre gardent les rivages les plus préservés, au prix d'une traversée.
Qu'appelle-t-on une plage sauvage dans l'archipel ?
Le terme ne désigne pas un statut officiel. Il décrit une plage où la nature n'a pas été aménagée : pas de parking goudronné au bord du sable, pas de restaurant les pieds dans l'eau, pas de location de matelas, et le plus souvent aucun maître-nageur. La végétation descend jusqu'au rivage, raisins-bord-de-mer, cocotiers et mancenilliers, et l'on partage la plage avec les bernard-l'ermite plutôt qu'avec les vacanciers.
En Guadeloupe, ces anses existent sur toutes les îles, y compris sur la Grande-Terre, pourtant la plus fréquentée. Les plages de Guadeloupe comptent parmi les plus beaux rivages de la Caraïbe, et les locaux eux-mêmes gardent leurs endroits cachés. Elles se répartissent en trois familles. La première regroupe les anses isolées de la côte nord de Basse-Terre, entre Deshaies et Sainte-Rose, où la forêt tropicale rejoint la mer. La deuxième réunit les rivages exposés de l'Atlantique, de la Pointe des Châteaux à Anse-Bertrand, magnifiques mais rarement propices à la baignade. La troisième correspond aux dépendances, Les Saintes, Marie-Galante, la Désirade et Petite-Terre, où la faible population suffit à garder les plages vides une bonne partie de la journée.
Une plage peu connue n'est pas forcément difficile d'accès : certaines sont au bout d'une route secondaire, simplement absentes des circuits d'excursion. D'autres demandent une marche de vingt à trente minutes, un kayak ou un bateau. Avant de choisir, il faut donc savoir ce que l'on cherche : une baignade tranquille en famille, un snorkeling sur un fond corallien, ou une plage de carte postale à contempler au coucher du soleil.
La côte nord de Basse-Terre, entre Deshaies et Sainte-Rose
La plage de la Perle, au nord de Deshaies, est l'une des plus photographiées de l'île sans être pour autant aménagée : un long ruban de sable blond bordé de cocotiers, une eau turquoise et des vagues qui rappellent que l'on est à la pointe de la Basse-Terre. Le stationnement se fait le long de la route, et la plage reste paisible en semaine. Elle fait partie des plus belles plages de Guadeloupe pour un coucher de soleil, avec une ambiance de bout du monde. Les jours de houle, la baignade y demande de la prudence, car les rouleaux cassent près du bord.
Un peu plus à l'est, la plage de Cluny, sur la commune de Sainte-Rose, offre le même décor de sable doré et de palmiers. Elle est réputée pour ses courants : des panneaux rappellent régulièrement le danger, et l'avis sur la plage de Cluny et ses courants mérite d'être lu avant de s'y mettre à l'eau. Plusieurs noyades y ont été recensées au fil des ans. La plage est aussi un site de ponte des tortues marines : certaines zones peuvent être balisées pendant la saison des nids.
Entre ces deux plages, de petites anses sans nom se découvrent depuis les sentiers côtiers, notamment autour de la Pointe Allègre et de l'Anse Tillet, où le naturisme est toléré de longue date. Plus au sud, la Grande Anse de Deshaies est la plus grande plage de Basse-Terre ; elle n'a rien d'une plage secrète, mais sa longueur permet de trouver un coin tranquille en marchant vers ses extrémités.
Le sable noir de la côte sous le vent
Au sud de la Basse-Terre, de Bouillante à Trois-Rivières, le sable devient sombre, issu des roches volcaniques de la Soufrière. La plage de Malendure, face aux îlets Pigeon, est très fréquentée par les clubs de plongée, mais de petites plages de sable noir voisines restent désertes en dehors des week-ends. L'eau y est généralement calme, la côte étant abritée des alizés, ce qui en fait un bon terrain de snorkeling pour qui préfère la tranquillité aux spots connus.
Grande-Terre : des anses secrètes au bout des routes
Malgré les hôtels du Gosier, de la plage de la Datcha, de Sainte-Anne et de Saint-François, la Grande-Terre garde des anses à l'écart, qu'il faut prendre le temps de découvrir. Le secteur le plus spectaculaire est la presqu'île de la Pointe des Châteaux et ses falaises, à l'extrémité est de l'île : de part et d'autre de la route qui y mène, plusieurs plages s'ouvrent sur l'océan.
Anse Castalia, entre l'Anse à la Gourde et la pointe, se rejoint par un court chemin depuis la route. Le sable y est clair, l'eau d'un bleu profond, et la plage reste peu fréquentée parce qu'aucun panneau ne la signale vraiment. Plus loin, la petite anse surnommée plage de la Douche doit son nom aux vagues qui frappent les rochers. Toujours sur ce secteur, l'Anse Tarare est l'une des rares plages officiellement naturistes de l'archipel. Sur cette côte atlantique, la houle et les courants imposent une règle simple : on se baigne seulement par mer calme, près du bord, et jamais seul.
Au nord de la Grande-Terre, entre Port-Louis et Anse-Bertrand, le paysage change. L'anse du Souffleur à Port-Louis est connue et animée le dimanche, mais les anses qui suivent vers le nord, jusqu'à Anse Laborde et la Porte d'Enfer, voient peu de visiteurs en semaine. Les falaises de la Pointe de la Grande Vigie dominent cette côte battue par les alizés, où les plages de sable blanc alternent avec les rochers.
Plus au sud, près de Sainte-Anne, la plage de Bois Jolan est souvent citée par les voyageurs comme un bon compromis : un lagon peu profond, protégé par la barrière de corail, idéal pour une famille avec de jeunes enfants. Elle n'est pas déserte le week-end, mais reste bien plus tranquille que la plage de la Caravelle, voisine et occupée par un grand club de vacances. La Caravelle demeure accessible au public, mais on y vient pour les activités nautiques plus que pour la solitude.
Les Saintes, Marie-Galante, la Désirade et Petite-Terre
Les îles du sud de la Guadeloupe concentrent les rivages les plus préservés de l'archipel, simplement parce qu'il faut un bateau pour y aller et que les derniers ferries repartent en fin d'après-midi.
- Terre-de-Haut, aux Saintes : la plage de Pompierre, dans une baie fermée, offre une eau très calme et des chèvres qui descendent jusqu'au sable. L'anse Crawen, plus isolée, est fréquentée par les naturistes.
- Marie-Galante : l'île est entourée de plages de sable blanc à peine construites. Anse Canot, au nord de Saint-Louis, et les plages du littoral de Capesterre se découvrent à scooter ou à vélo, souvent sans personne en dehors des vacances scolaires.
- La Désirade : île longue et aride, à une heure de bateau de Saint-François. Sa côte sous le vent abrite des anses calmes, tandis que la côte nord, exposée, reste à admirer depuis le sentier.
- Petite-Terre : ces deux îlots inhabités forment une réserve naturelle. On n'y accède qu'avec des opérateurs autorisés, et le nombre de visiteurs est encadré. Pour comparer les sorties, voir comment choisir son excursion vers la réserve de Petite-Terre.
Sur ces îles, le voyage fait partie de l'expérience : la traversée, la location d'un deux-roues, la recherche d'une anse au bout d'un chemin de terre. Prévoir une journée complète au minimum, et davantage pour Marie-Galante, assez grande pour justifier une nuit sur place.
Quelle plage peu fréquentée choisir selon son envie ?
Toutes les plages isolées ne se valent pas pour la baignade. Le tableau ci-dessous classe celles citées sur cette page selon l'île, le type d'accès et l'état habituel de la mer, d'après les informations communiquées par les communes et les retours de voyageurs publiés sur les forums de voyage.
| Plage | Île | Accès | Mer habituelle |
|---|---|---|---|
| Plage de la Perle | Basse-Terre | Bord de route | Vagues fréquentes |
| Plage de Cluny | Basse-Terre | Bord de route | Courants dangereux |
| Anse Castalia | Grande-Terre | Court sentier | Variable, houle atlantique |
| Plage de Bois Jolan | Grande-Terre | Piste | Lagon calme |
| Plage de Pompierre | Terre-de-Haut | Marche depuis le bourg | Baie très calme |
| Anse Canot | Marie-Galante | Route puis sable | Calme |
| Petite-Terre | Réserve naturelle | Bateau autorisé | Lagon calme |
Pour une famille, les lagons protégés de Bois Jolan, Pompierre et Petite-Terre restent les choix les plus sûrs. Pour le paysage et la photo, la Perle et la côte de la Pointe des Châteaux offrent les plus belles vues de Guadeloupe, à condition de rester prudent dans l'eau. Pour poser sa serviette loin de tout, Anse Castalia et Anse Canot sont les plus sûres de rester vides.
Comment accéder aux plages secrètes sans se mettre en danger ?
La plupart des anses isolées de Guadeloupe se rejoignent en voiture puis à pied. Une voiture de location reste indispensable sur Basse-Terre et Grande-Terre, les bus ne desservant pas les routes secondaires. Sur les sentiers, de bonnes chaussures valent mieux que des tongs : roches coupantes, racines et terre glissante après la pluie sont la règle.
Le premier danger d'une plage non aménagée est l'absence de surveillance. Les postes de secours sont installés sur les plages fréquentées, rarement sur les autres. Se renseigner sur l'état de la mer avant de partir, garder la baignade près du bord et prévenir quelqu'un de son itinéraire sont des réflexes simples. Les consignes détaillées, des courants d'arrachement aux méduses, sont rassemblées dans la page sur la sécurité de la baignade et ses dangers.
Le mancenillier, l'arbre à éviter
Le mancenillier pousse en bordure de nombreuses plages de Guadeloupe. Son fruit ressemble à une petite pomme verte et il est toxique ; sa sève provoque des brûlures, y compris quand la pluie ruisselle de ses feuilles sur la peau. On ne s'abrite donc jamais sous un mancenillier, même lors d'une averse. Sur les plages les plus fréquentées, le tronc porte souvent un anneau de peinture rouge ; sur une plage sauvage, ce marquage peut manquer, d'où l'intérêt de savoir le reconnaître.
Ce qu'il faut emporter
- De l'eau en quantité, car aucun commerce n'est à proximité.
- Une protection solaire et un vêtement couvrant, le soleil tropical tapant fort dès le milieu de matinée.
- Un masque et un tuba pour observer les fonds.
- Un sac pour remporter tous ses déchets.
Respecter la nature d'une anse préservée
Si ces plages sont restées belles, c'est que la nature y est encore maîtresse. Les tortues marines viennent pondre sur plusieurs plages de Guadeloupe, notamment de nuit : il faut éviter les lampes vives et les feux sur le sable, et ne jamais s'approcher d'une femelle en train de creuser. Le prélèvement de coraux, de coquillages ou d'étoiles de mer abîme des fonds qui se reconstituent lentement.
Les sargasses, ces algues brunes qui s'échouent certaines saisons sur la côte atlantique, touchent aussi les anses isolées, parfois plus que les plages nettoyées par les communes. Leur décomposition dégage un gaz à l'odeur d'œuf pourri. Les autorités publient des bulletins sur leur présence : il est utile de les consulter avant de prévoir une journée sur la côte est de Grande-Terre ou à Marie-Galante.
Enfin, la tranquillité de ces lieux de Guadeloupe tient à la discrétion de ceux qui les fréquentent. Pas de musique forte, pas de feux de camp improvisés, et un comportement qui laisse la plage dans l'état où on l'a trouvée.
Camper, se baigner nu ou venir en famille sur une anse isolée de Guadeloupe
Peut-on camper sur une plage de Guadeloupe ?
Le camping sur le littoral dépend des règles de chaque commune, et la bande côtière fait l'objet d'une protection particulière. La tradition du camping de Pâques en bord de mer existe, mais elle est encadrée localement : se renseigner auprès de la mairie avant de planter une tente.
Où se trouvent les plages naturistes de l'archipel ?
L'Anse Tarare, près de la Pointe des Châteaux à Saint-François, est la plage naturiste la plus connue. L'Anse Tillet à Deshaies et l'anse Crawen à Terre-de-Haut sont également fréquentées par les naturistes.
Quelle plage isolée convient le mieux aux enfants ?
Les lagons protégés par une barrière de corail, comme Bois Jolan à Sainte-Anne ou Pompierre aux Saintes, offrent une eau peu profonde et calme. Les plages de la côte atlantique, plus exposées aux vagues, sont à éviter avec de jeunes enfants.








