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Plage guadeloupe
L'îlet Caret, banc de sable du Grand Cul-de-sac marin fermé au débarquement

L'îlet Caret, banc de sable du Grand Cul-de-sac marin fermé au débarquement

Publié le - Actualisé le

L'îlet Caret est un petit îlot de sable blanc situé dans le lagon de Guadeloupe, au large de Sainte-Rose, site protégé du Conservatoire du littoral. Depuis 2023, un arrêté municipal y interdit tout débarquement : en décembre 2024, le Parc national relevait une végétation passée de 738 à 1 911 m².

Amende de 135 euros pour un pied sur l'îlet

  • Le débarquement sur l'îlet et sur son estran est interdit, amende forfaitaire de 135 euros.
  • Les excursions en bateau passent toujours à proximité, avec baignade et masque et tuba autour.
  • La couverture végétale est remontée de 22 % à 50 % depuis la fermeture.

Quelles sont les caractéristiques de l'îlet Caret ?

L'îlet Caret est un îlot de sable corallien posé au cœur du Grand Cul-de-sac marin, la vaste baie fermée par une barrière de corail entre Basse-Terre et Grande-Terre. Sa superficie moyenne mesurée par le Parc national est d'environ 3 750 mètres carrés : un confetti de sable entouré d'eaux turquoise, quelques cocotiers et une végétation rampante qui fixe le sol.

Il appartient au Conservatoire du littoral et la commune de Sainte-Rose en assure la gestion. Les eaux qui l'entourent font partie de l'espace maritime protégé du Parc national de la Guadeloupe. Cette superposition d'acteurs explique pourquoi les décisions sur son accès sont prises à plusieurs : la ville, le conservatoire, le parc et le Cluster maritime, qui représente les prestataires du tourisme nautique.

Pendant des années, l'image de carte postale a fait sa réputation : un palmier isolé, du sable blanc, un lagon peu profond. Cette image est aussi la raison de sa fragilité. Avec une dizaine de prestataires et une cinquantaine de navires chaque week-end selon le Parc national, le site a longtemps été l'une des sorties en mer les plus fréquentées de l'archipel.

D'où vient le nom de l'îlet Caret ?

Aux Antilles, le mot caret désigne la tortue imbriquée, une espèce de tortue marine protégée en France. Le nom rappelle donc la faune de la baie plutôt qu'une histoire de navigation, même si aucune source officielle ne tranche l'origine exacte. Autour de l'îlot, les herbiers et les fonds coralliens abritent poissons, crabes et mollusques, une faune riche qui vit à quelques mètres du bord.

La flore, elle, reste modeste : quelques espèces pionnières capables de supporter le sel, le vent et le soleil. Pour le touriste venant voir un paysage de carte postale, c'est ce petit monde vivant qui fait désormais l'intérêt de la visite, en famille comme entre amis.

Pourquoi l'îlet Caret est-il menacé ?

Deux forces jouent contre lui. La première est naturelle et aggravée par le changement climatique : la houle et la montée des eaux déplacent le banc de sable. Le Parc national a mesuré un glissement vers le nord-ouest d'environ 12 mètres par an, accompagné d'une érosion importante. Un îlot de cette taille peut perdre une partie de sa surface en une seule saison cyclonique.

La seconde tient à la fréquentation. Le piétinement des visiteurs détruisait la végétation pionnière, celle qui retient le sable et les nutriments. Sans plantes, le sol part avec la mer, et les palmiers perdent leurs racines. Autour, les coraux morts de certaines zones du lagon rappellent que le milieu naturel du grand lagon reste sous pression, entre réchauffement de l'eau, ancrages et pollution.

Pour les oiseaux marins, l'enjeu est direct. Des sternes utilisent les îlets du lagon, et un banc de sable dérangé en permanence ne leur offre aucun site de repos. La tranquillité de la partie terrestre profite aussi aux tortues qui fréquentent la baie. Pour savoir où les voir sans les déranger, notre guide pour observer les tortues marines en Guadeloupe recense les bons comportements.

Peut-on encore débarquer sur l'îlet Caret ?

Non. Le débarquement est interdit par arrêté municipal de la ville de Sainte-Rose, dans le cadre d'un schéma d'intervention qui vise à concilier tourisme et protection de l'espace naturel. L'interdiction, en vigueur depuis 2023, a été maintenue en décembre 2024 au vu des premiers résultats. Elle couvre la partie terrestre et aussi l'estran, la bande de sable découverte à marée basse.

Le périmètre interdit est signalé par des panneaux, et des barrières ont été installées pour le rendre plus lisible. Les contrevenants s'exposent à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant atteindre 750 euros. En cas de récidive et d'atteinte au patrimoine naturel, le code de l'environnement prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.

Pour toute question sur l'arrêté, le Parc national renvoie vers la mairie de Sainte-Rose. Gare aux offres trop belles : si un prestataire propose de « poser le pied » sur l'îlet, il vous expose à une sanction. Les opérateurs sérieux le rappellent avant le départ.

Quels résultats depuis la fermeture ?

Le suivi du couvert végétal mené par le Parc national montre une reprise nette. La surface végétalisée est passée de 738 m² en octobre 2023 à 1 911 m² lors du relevé publié en décembre 2024, soit une couverture qui grimpe de 22 % à 50 % de l'îlot.

Des zones de germination apparaissent sur des parties érodées, et une végétation arborée revient d'elle-même : palétuvier gris, palétuvier rouge, catalpa, raisin bord de mer, amandier, bois couleuvre et cocotier. Ces jeunes plants, et non les palmiers adultes que montrent les anciennes photos, sont la clé de la stabilité de l'îlet.

IndicateurOctobre 2023Relevé de décembre 2024
Surface végétalisée738 m²1 911 m²
Couverture végétale22 %50 %

Quelles excursions sont disponibles autour de l'îlet Caret ?

Les excursions en bateau vers le grand lagon continuent. Au départ de Sainte-Rose, les prestataires proposent en général une demi-journée ou une journée, repas inclus pour certaines formules, avec des arrêts baignade dans les eaux turquoise, une balade en bateau dans la mangrove et un passage devant l'îlet Caret, que l'on admire depuis la mer. D'autres îlets du secteur, comme l'îlet Blanc ou l'îlet Fajou, figurent souvent au même programme, avec des règles d'accès propres à chacun. Plus au large, la réserve naturelle des îlets de Petite-Terre relève d'une autre offre, au départ de Grande-Terre.

Pour choisir une belle sortie, trois critères comptent :

  • le respect affiché de l'interdiction de débarquement et des zones de mouillage ;
  • la taille du groupe, qui change tout pour la baignade et le snorkeling ;
  • les conditions d'annulation, l'annulation gratuite en cas de mauvaise météo étant un vrai confort.

Masque et tuba en main, les herbiers et les patates de corail du lagon valent souvent plus que l'îlot lui-même. Côté mer, le guide sur les meilleurs spots de snorkeling de l'archipel aide à comparer ce secteur avec la côte sous le vent. Ceux qui préfèrent naviguer seuls trouveront les règles de navigation dans le parc dans le dossier sur la location de bateau sans permis.

Quand visiter le Grand Cul-de-sac et ses îlets ?

La saison sèche, de décembre à avril, offre la mer la plus calme et la meilleure visibilité. L'été et le début de l'automne correspondent à la saison cyclonique : les sorties restent possibles, mais les annulations pour houle ou vent sont plus fréquentes. Les arrivées de sargasses peuvent aussi changer le programme d'une semaine à l'autre.

Partir tôt le matin permet de profiter du lagon avant la chaleur et avant l'affluence du week-end. Sur l'eau, l'absence d'ombre est totale : chapeau, lycra et crème solaire sans filtres nocifs pour les coraux sont indispensables. Pour replacer cette sortie dans un séjour, notre guide des plus belles plages de Guadeloupe présente les autres sites de baignade de Grande-Terre et de Basse-Terre.

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