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Plage guadeloupe

Tortues marines de Guadeloupe : où, quand et comment les approcher

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Tortues marines de Guadeloupe : où, quand et comment les approcher

Trois espèces de tortues marines pondent sur les plages de Guadeloupe : la tortue verte, la tortue imbriquée et la tortue luth. Pour observer les tortues marines en Guadeloupe, la plage de Malendure et Petite Anse suffisent : un masque, un tuba, et les tortues broutent l'herbier à quelques mètres du sable. La saison de ponte court de mars à novembre ; en mer, l'observation des tortues se fait toute l'année.

En mer, toute l'année
Tortues vertes et imbriquées se nourrissent dans les herbiers et sur les récifs de la côte sous le vent, autour de la réserve Cousteau.
Sur le sable, en saison de ponte
La luth arrive la première (à partir de mars), les deux autres espèces prennent le relais jusqu'à l'automne.
Une règle simple
Ne pas toucher, ne pas nourrir, garder ses distances et éteindre toute lumière près d'un site de ponte.

Les meilleurs spots pour observer les tortues marines en Guadeloupe

La côte sous le vent de Basse-Terre reste la zone la plus fiable de l'archipel pour observer les tortues dans leur habitat naturel. Ses eaux calmes, abritées des alizés, et ses herbiers peu profonds attirent les tortues vertes qui viennent y brouter. C'est là que se concentrent la plupart des sorties en mer et des séances de snorkeling organisées pour l'observation des tortues, une activité accessible dès que l'on sait flotter.

Ce spot de la côte sous le vent attire aussi pour ses eaux cristallines et ses coraux : la vie marine y est riche, avec des poissons de récif, des raies et parfois de petits requins de récif, sans danger pour le nageur. Sur un séjour d'une semaine, prévoir au moins une journée sur cette zone multiplie les chances de rencontre avec une tortue. Les activités nautiques proposées sur place vont de la location de kayak transparent à la visite guidée en bateau à fond de verre, pratique pour découvrir les fonds sans se mettre à l'eau.

Plage de Malendure, face à la réserve Cousteau

À Bouillante, la plage de Malendure est le point de départ des bateaux vers les îlets Pigeon et la réserve Cousteau. On n'a pas toujours besoin de quitter le bord : les tortues vertes fréquentent l'herbier situé à quelques dizaines de mètres de la plage, par faible profondeur. Le matin, avant l'arrivée des bateaux et des nageurs, la mer est plus lisse et les animaux moins sollicités. Le sable gris et la pente douce rendent la mise à l'eau facile, y compris pour un débutant.

Petite Anse et les anses voisines de Bouillante

Plus au sud, Petite Anse offre une alternative plus sauvage, avec moins de monde. L'herbier y est étendu et les tortues remontent régulièrement à la surface pour respirer, ce qui laisse le temps de les voir sans plonger. Les anses voisines de la côte sous le vent, entre Bouillante et Pointe-Noire, offrent des conditions comparables quand la houle est faible.

Petite-Terre, Marie-Galante et Les Saintes

La réserve naturelle de Petite-Terre, au large de La Désirade, abrite tortues imbriquées et vertes dans son lagon, avec des iguanes sur les îlets. On y accède uniquement par bateau, en suivant les règles de la réserve : préparer son excursion à Petite-Terre auprès d'un opérateur autorisé évite les mauvaises surprises. Marie-Galante et ses plages peu fréquentées comptent parmi les sites de ponte suivis, et l'on croise aussi des tortues en baie de Terre-de-Haut, au fil des plages des Saintes, de Pompierre à l'anse Crawen.

Quelles espèces de tortues peut-on voir en Guadeloupe ?

Trois espèces sont observées régulièrement dans les eaux guadeloupéennes, et deux autres de façon occasionnelle. Toutes figurent parmi les espèces menacées et sont intégralement protégées en droit français. Les reconnaître aide à comprendre ce que l'on voit, et où chercher.

  • Tortue verte (Chelonia mydas) : la plus facile à observer en mer. Adulte, elle est herbivore et broute les herbiers marins, ce qui explique sa présence près des plages calmes. Sa tête paraît petite par rapport à la carapace.
  • Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : bec pointu, écailles de carapace qui se chevauchent. Elle fréquente les récifs coralliens, où elle se nourrit d'éponges. La tortue imbriquée est classée en danger critique d'extinction par l'UICN.
  • Tortue luth (Dermochelys coriacea) : la plus grande tortue marine du monde, à carapace souple et sans écailles. Elle vit au large et ne s'approche des côtes que pour pondre, sur quelques grandes plages de sable exposées. Les tortues luth peuvent dépasser plusieurs centaines de kilos.
  • Tortue caouanne (Caretta caretta) et tortue olivâtre : présences rares, signalées ponctuellement par le réseau de suivi.
EspèceOù la voirPériode de ponte (indicative)Chances en snorkeling
Tortue verteHerbiers de la côte sous le vent, Malendure, Petite AnseÉté et début d'automneÉlevées toute l'année
Tortue imbriquéeRécifs, réserve Cousteau, Petite-TerrePrintemps à automne, pic en étéMoyennes, plutôt en plongée
Tortue luthAu large ; grandes plages de ponteDe mars à juillet environTrès faibles

Quand voir les tortues : saison de ponte et période d'observation

En mer, les tortues vertes et imbriquées sont présentes toute l'année : il n'y a pas de mauvaise saison pour les voir nager, seulement de meilleures conditions de mer. Leur comportement dépend surtout de leur alimentation : elles restent là où se trouvent herbiers et éponges, ce qui rend leur présence prévisible d'un mois à l'autre, de janvier à octobre comme en décembre. La saison sèche, de décembre à avril, offre souvent une eau plus claire sur la côte sous le vent, tandis que la houle cyclonique de fin d'été peut troubler la visibilité quelques jours.

La ponte suit un calendrier différent. La saison de ponte des tortues marines s'étale globalement de mars à novembre en Guadeloupe, avec des espèces qui se succèdent : la luth ouvre la période dès mars, l'imbriquée et la verte dominent de l'été à l'automne. Le pic, toutes espèces confondues, se situe en gros de mai à août, ce qui correspond à la fourchette « mois de mars à août » souvent citée pour la luth et le début de saison des deux autres.

Une femelle revient pondre plusieurs fois au cours d'une même saison, à une dizaine de jours d'intervalle, puis ne revient en général que deux ou trois années plus tard. Chaque nid contient une centaine d'œufs, enfouis à une profondeur de sable variable selon l'espèce. L'incubation dure environ deux mois : les émergences des petites tortues s'observent donc jusqu'en fin d'année, la nuit le plus souvent.

Comment respecter les tortues marines lors de l'observation ?

Les meilleures pratiques tiennent en quelques gestes, et elles ne relèvent pas de la simple politesse : les tortues marines sont protégées, et les déranger est une infraction. Les règles d'observation diffusées par le Réseau Tortues Marines Guadeloupe et les gestionnaires d'aires protégées reprennent les mêmes principes.

En mer, avec masque et tuba

  • Ne pas toucher l'animal ni sa carapace, même s'il semble immobile ou peu farouche.
  • Garder une distance respectueuse, de plusieurs mètres, et ne jamais se placer au-dessus d'une tortue qui remonte respirer : lui couper la route vers la surface la stresse.
  • Nager calmement, sans palmer vers elle ni la poursuivre ; si elle s'éloigne, c'est un signal à respecter.
  • Ne pas nourrir et ne rien lancer à l'eau.
  • Rester à plusieurs sans encercler l'animal, et laisser la priorité à la tortue sur le passage.

Pour aller plus loin que les herbiers de Bouillante, les autres spots de snorkeling de l'archipel, des îlets aux récifs se prêtent aux mêmes règles, avec des fonds et des courants qui varient d'une île à l'autre.

Sur la plage, la nuit

Une tortue qui sort de l'eau pour pondre est très sensible au dérangement tant qu'elle n'a pas commencé à creuser. Rester accroupi, loin derrière elle, sans lampe ni flash, et ne jamais se placer entre l'animal et la mer. La pollution lumineuse est l'une des menaces les plus importantes : éclairages de bord de mer, phares de voiture et lampes de poche désorientent les femelles comme les nouveau-nés, qui se dirigent vers la lumière au lieu de rejoindre l'eau. Sur un site de ponte, une veille organisée par une association reste la meilleure façon d'assister à la scène sans nuire aux animaux.

Où pondent les tortues sur les plages de l'archipel ?

Les sites de ponte se trouvent sur l'ensemble de l'archipel, mais chaque espèce a ses préférences. La tortue imbriquée pond volontiers en haut de plage, sous la végétation littorale, sur des anses étroites de Basse-Terre et de Grande-Terre. La tortue verte choisit des plages plus ouvertes. La luth, lourde et peu mobile à terre, a besoin de grandes plages de sable profond, sans rochers à l'approche.

Parmi les plages régulièrement citées par le réseau de suivi figurent les grandes anses du nord de Basse-Terre, la plage de Grande Anse à Deshaies, plusieurs plages de Marie-Galante et les îlets de Petite-Terre. Sur la plage de Grande Anse, à Deshaies, des balises ou des panneaux signalent parfois les nids en saison : les contourner largement, sans planter de parasol ni creuser à proximité. Ces plages sont aussi le lieu de naissance des femelles qui, devenues adultes, reviendront y pondre : c'est ce cycle de vie, long de plusieurs décennies, que les nids protégés aujourd'hui préparent.

Plusieurs menaces pèsent sur ces sites : l'érosion et l'aménagement du littoral, l'éclairage nocturne, le piétinement des nids, la circulation de véhicules sur le sable, mais aussi les prédateurs introduits comme la petite mangouste, qui déterre les œufs. En mer, les filets de pêche, les collisions avec les bateaux et les déchets plastiques complètent la liste.

Comment participer à la conservation des tortues marines ?

La protection des tortues en Guadeloupe s'appuie sur un plan national d'actions, mis en place pour les tortues marines des Antilles françaises, et sur le Réseau Tortues Marines Guadeloupe, animé localement par l'ONF. Ce réseau rassemble associations, gestionnaires d'espaces naturels, collectivités et bénévoles autour du suivi des pontes, du comptage des traces sur les plages et de la sensibilisation du public.

Un visiteur peut y contribuer de plusieurs manières, sans compétence particulière :

  1. Signaler une trace de ponte, un nid ou une tortue observée au réseau, avec le lieu et la date : ces données alimentent le suivi scientifique.
  2. Prévenir immédiatement en cas de tortue blessée, échouée ou prise dans un filet, sans tenter de la remettre à l'eau soi-même. Un centre de soins, associé à l'Aquarium de la Guadeloupe au Gosier, prend en charge les animaux recueillis.
  3. Participer à une veille de ponte ou à une sortie de sensibilisation proposée par une association locale en saison.
  4. Choisir des prestataires de sortie en mer engagés dans une charte d'approche respectueuse.
  5. Limiter l'éclairage de son hébergement côté plage et ramasser ses déchets.

Ces gestes comptent : la tortue imbriquée et la tortue luth restent parmi les espèces menacées les plus suivies de la Caraïbe et des Antilles, et chaque nid qui aboutit compte pour la population régionale. Les tortues parcourent l'océan sur des milliers de kilomètres : celles que l'on croise en Guadeloupe sont un patrimoine partagé avec toute la région, au même titre que la faune et la flore des récifs.

Organiser son voyage en Guadeloupe autour des tortues

Pour un voyage en Guadeloupe centré sur la faune marine, Bouillante et Deshaies forment une base commode : la côte sous le vent regroupe les herbiers, la réserve Cousteau et plusieurs plages de ponte, à moins d'une heure de route l'une de l'autre. Les vols arrivent à Pointe-à-Pitre, sur Grande-Terre, d'où il faut compter le trajet en voiture vers l'ouest. Si la ponte est l'objectif principal du séjour, mieux vaut viser la période de mai à août et se renseigner auprès d'une association locale sur les veilles ouvertes au public ; il est également utile de réserver une sortie encadrée plutôt que de rechercher seul les nids la nuit. Pour la seule observation en mer, chaque mois convient, et cette destination se prête alors à une activité à la carte, au gré de la météo.

Observer les tortues avec des enfants

Malendure et Petite Anse se prêtent bien à une première rencontre en famille : entrée dans l'eau en pente douce, herbier proche du bord, tortues habituées à la présence humaine. Un gilet ou une planche permet aux plus jeunes de flotter au-dessus de l'herbier sans effort. Expliquer la règle avant la mise à l'eau (on regarde, on ne touche pas) évite la tentation de tendre la main. L'aquarium du Gosier complète la sortie par temps de mer agitée, avec une approche plus pédagogique du sujet.

Pour une plongée en bouteille, le baptême en réserve Cousteau offre de bonnes chances de croiser une tortue imbriquée sur le récif, à faible profondeur. Les clubs de Bouillante encadrent ces sorties toute l'année, quand les conditions de mer le permettent.

Tortues de Guadeloupe : les cas qui posent question sur place

Peut-on nager avec des tortues en Guadeloupe ?

Nager à côté d'une tortue qui broute un herbier est autorisé ; la toucher, la suivre ou la gêner pour respirer ne l'est pas : on reste spectateur. La plage de Malendure est le site le plus accessible pour cette expérience.

Quelle est la meilleure heure pour voir les tortues en snorkeling ?

Le début de matinée, quand la mer est calme et la fréquentation faible. Les tortues se nourrissent toute la journée, mais l'eau plus claire et l'absence de bateaux facilitent l'observation.

Que faire si l'on trouve une tortue sur la plage en journée ?

S'éloigner, la laisser tranquille et signaler l'observation au Réseau Tortues Marines Guadeloupe. Une tortue à terre en plein jour peut être blessée ou épuisée : seul un intervenant habilité peut la manipuler.

Faut-il réserver une excursion en bateau ?

Pas pour les herbiers proches du bord, accessibles depuis la plage. Une excursion en bateau devient utile pour la réserve Cousteau, Petite-Terre ou les récifs éloignés, où la tortue imbriquée est plus fréquente.

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