Les plages des Saintes sont les anses de sable blanc de Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, îles de l'archipel situé au sud de la Basse-Terre en Guadeloupe. Pompierre, le Pain de Sucre et l'anse du Figuier offrent des eaux limpides et paisibles, riches en faune marine ; Grande Anse, face à l'Atlantique, est interdite à la baignade.
- Pour nager au calme
- Pompierre, l'anse du Figuier et l'anse Crawen, sur Terre-de-Haut, protégées de la houle.
- Pour le masque et le tuba
- Le pied du Pain de Sucre et les coraux de l'anse du Figuier, où les poissons de couleur abondent.
- Pour regarder sans se baigner
- Grande Anse de Terre-de-Haut, battue par les vagues de l'Atlantique.
Un archipel de petites îles, et deux seulement où l'on dort
L'archipel des Saintes compte neuf îles et îlets, mais seules Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont habitées. La première concentre le bourg, les hébergements et la plupart des plages fréquentées ; la seconde, plus grande et plus agricole, reçoit beaucoup moins de visiteurs. Entre les deux s'ouvre la baie des Saintes, membre du Club des plus belles baies du monde, un plan d'eau abrité où mouillent voiliers et bateaux de pêche.
Sur Terre-de-Haut, rien n'est loin : l'île mesure quelques kilomètres de long et la plupart des anses se rejoignent à pied ou en scooter électrique, mode de déplacement courant sur place. Le relief est en revanche marqué, avec le morne du Chameau qui domine le sud de l'île et le fort Napoléon perché au nord du bourg. Une plage de sable située à vingt minutes de marche peut donc demander une bonne montée sous le soleil, ce qui compte avec des enfants.
Cette géographie explique le caractère des plages Saintes : des anses petites, souvent bordées de raisiniers et de rochers volcaniques, une eau turquoise dans les criques abritées sous le vent, et une côte au vent beaucoup plus agitée. Ceux qui connaissent les grandes plages de Basse-Terre ou de Grande-Terre trouveront ici des dimensions plus intimes ; pour comparer, les plages de Basse-Terre côté sable noir et plongée offrent un autre visage de la Guadeloupe.
La plage de Pompierre, la baie fermée de Terre-de-Haut
La plage de Pompierre occupe une baie presque fermée au nord-est de Terre-de-Haut. Une barrière de rochers et d'îlets casse la houle à l'entrée, si bien que l'eau reste calme et peu profonde sur une bonne distance. C'est le lieu de baignade favori des familles et des excursionnistes, et la raison pour laquelle on la cite presque toujours en tête des plus belles plages de l'archipel.
Depuis le débarcadère, la route grimpe puis redescend vers la baie : comptez une vingtaine de minutes à pied, moins en scooter. Le site est un espace naturel où se promènent cabris et iguanes, peu farouches, qu'il vaut mieux ne pas nourrir. Le sable est clair, l'ombre des arbres permet de rester sur place une journée entière, et la partie gauche de la baie, vers les rochers, se prête au masque et au tuba.
Le revers de cette réputation tient à la fréquentation. Les jours d'arrivée des navettes, la plage de Pompierre se remplit en fin de matinée et se vide dans l'après-midi, quand les visiteurs à la journée reprennent le bateau. Petit conseil de bon sens : y arriver tôt ou y rester après le départ des derniers ferries change complètement l'expérience. Pour ceux qui dorment sur l'île, la fin de journée est le meilleur moment.
Le Pain de Sucre, une petite plage au pied d'un piton
Le Pain de Sucre est une presqu'île rocheuse qui ferme la baie des Saintes au sud-ouest du bourg. Son flanc montre des orgues basaltiques, ces colonnes de roche volcanique qui donnent au piton sa silhouette. À son pied, deux petites plages de sable se partagent l'espace : la plage du Pain de Sucre est étroite, vite occupée, mais l'eau y est claire et profonde à quelques mètres du bord.
On y vient surtout pour ce qui se passe sous la surface. Les rochers immergés abritent poissons de récif, coraux et éponges, et les tortues ne sont pas rares dans la baie. Les palmes sont utiles, car le fond descend assez vite. Les voiliers mouillés devant la presqu'île rappellent que la zone est aussi un passage de bateaux : restez près du bord et signalez-vous si vous nagez loin. Le snorkeling y est l'un des plus faciles de l'archipel, et les meilleurs spots de snorkeling de toute la Guadeloupe permettent de comparer avec les îlets Pigeon.
L'accès se fait à pied depuis le bourg en longeant la côte, puis par un sentier court. Les chaussures fermées aident sur les derniers mètres, et il vaut mieux prévoir eau et ombre, la plage étant petite et peu ombragée aux heures chaudes.
Anse Crawen, anse Rodrigue, anse du Figuier : la côte sous le vent
La côte ouest et sud de Terre-de-Haut aligne plusieurs anses plus discrètes, toutes protégées des alizés. Elles conviennent à ceux qui cherchent une plage moins fréquentée que Pompierre.
- Anse Crawen : une anse de sable sous les falaises, au-delà de l'anse du Figuier, longtemps connue comme plage naturiste tolérée. Elle reste calme, peu équipée, et demande un peu de marche ; la plage Crawen séduit ceux qui veulent un bord de mer sans bruit.
- Anse du Figuier : la plus agréable pour combiner baignade et masque, avec des rochers des deux côtés de la petite plage et une eau souvent très limpide. Elle se rejoint par la route du sud-ouest de l'île.
- Anse Rodrigue : une crique au sud, tranquille, bordée d'arbres, où le sable et l'ombre sont suffisants pour passer quelques heures loin du bourg.
- Anse Mire : une plage proche du bourg, sous le fort Napoléon ; l'anse Mire est pratique pour une baignade rapide entre deux visites, dans des eaux souvent limpides.
Ces anses n'ont, pour la plupart, ni poste de secours ni commerces. Il faut apporter de quoi boire et repartir avec ses déchets, l'île ne disposant pas de grands moyens pour les évacuer.
Grande Anse et Marigot : les plages où l'on ne se baigne pas
Grande Anse est la plus longue plage de Terre-de-Haut, sur la côte est, à proximité de la piste de l'aérodrome. Elle fait face à l'Atlantique et la houle y crée des courants dangereux : la baignade y est interdite, et des panneaux le rappellent. Elle reste une belle promenade, avec ses rouleaux et le sable qui file vers le nord, mais c'est une plage à regarder, pas à nager.
La plage de Marigot, au nord-est, dans une baie du même nom, est plus calme mais son fond est souvent rocheux et l'eau moins claire que sur la côte sous le vent. On y croise surtout des promeneurs et des pêcheurs. Avant de se mettre à l'eau sur une plage exposée, quelle que soit l'île, il est utile de connaître les dangers des plages de Guadeloupe pour la baignade, des courants aux sargasses.
Terre-de-Bas, l'autre île, sans la foule
Terre-de-Bas se rejoint par une navette locale depuis Terre-de-Haut ou directement par certains bateaux venus de la Guadeloupe continentale. L'île vit plus lentement : pas de bourg touristique, quelques restaurants, des chemins de randonnée vers les hauteurs. Sa Grande Anse, près du bourg et de l'église, offre une plage de sable où l'on se baigne au calme selon l'état de la mer, et la côte compte d'autres petites anses rocheuses.
Terre-de-Bas convient à ceux qui ont déjà vu Pompierre et cherchent une journée sans excursionnistes. Les informations pratiques y sont plus rares : les horaires de navette entre les deux îles changent selon la saison et se vérifient sur place, à l'office de tourisme ou au débarcadère.
Que visiter entre deux baignades ?
Une journée de plage aux Saintes se combine facilement avec une visite du fort Napoléon, situé sur une colline au nord du bourg, dont le jardin exotique et la vue sur la baie justifient la montée. Le musée du fort retrace l'histoire de l'archipel et de la bataille des Saintes de 1782. Plus au sud, le sentier du morne du Chameau mène au point le plus haut de Terre-de-Haut, avec une vue sur toutes les îles ; mieux vaut le faire tôt, avant le gros soleil.
Côté activités nautiques, la location de kayak et de paddle se trouve dans le bourg, et plusieurs clubs proposent des sorties de plongée sur les sites de l'archipel, réputés pour leur faune et leur flore sous-marines. Le centre du bourg, ses maisons colorées, ses boutiques et ses restaurants de poisson donnent au voyage un charme paisible, loin de l'animation de la Guadeloupe continentale. Les cabris en liberté, les iguanes et les cocotiers qui bordent certaines anses complètent ce havre de paix, plus sauvage dès qu'on s'éloigne du débarcadère. Une carte de l'île, disponible à l'office de tourisme, aide à se déplacer d'une anse à l'autre et à repérer les sentiers.
Pour le voyageur qui prépare une excursion, quelques infos pratiques : réserver son hôtel ou sa chambre à l'avance en haute saison, vérifier les conditions de navigation la veille quand la mer est formée, et prévoir de l'argent liquide pour les petits commerces. Ce cadre paradisiaque attire beaucoup de monde le samedi et pendant les vacances ; les beaux jours de semaine laissent une expérience plus exceptionnelle.
Comment rejoindre les plages des Saintes depuis la Guadeloupe ?
Les Saintes se rejoignent par bateau. Les ferries partent principalement de Trois-Rivières, au sud de la Basse-Terre, d'où la traversée est la plus courte, et de Pointe-à-Pitre, d'où elle dure environ une heure. Des départs existent aussi à certaines périodes depuis Saint-François. Les horaires et les compagnies varient selon la saison : mieux vaut réserver l'aller et le retour à l'avance pendant les vacances scolaires.
Sur Terre-de-Haut, les visiteurs ne louent pas de voiture : la marche, le vélo et le scooter électrique suffisent. Pour une plage accessible aux personnes à mobilité réduite, les Saintes restent difficiles, avec leurs pentes, leurs sentiers et l'absence d'accès handicapés aménagés connus ; la Guadeloupe continentale propose davantage de plages équipées de tiralos et de rampes.
Partir à la journée permet de voir Pompierre et le Pain de Sucre, mais rester une ou deux nuits sur place laisse profiter des plages le matin et le soir, quand l'île retrouve son calme. Les hébergements sont petits et peu nombreux, ce qui pousse à réserver tôt.
Quelle saison choisir pour la baignade aux Saintes ?
Comme le reste de la Guadeloupe, les Saintes connaissent un carême, saison sèche de décembre à mai environ, et un hivernage plus humide de juin à novembre, période des cyclones. L'eau reste chaude toute l'année. Le carême attire le plus de monde, surtout en février et pendant les vacances de printemps, et les ferries sont alors pleins. En hivernage, la mer peut être plus agitée et les arrivées de sargasses touchent parfois certaines anses, surtout sur la côte exposée au vent.
En semaine et hors vacances, même la plage de Pompierre retrouve un air tranquille. Le matin, la lumière rasante rend l'eau plus transparente et les poissons plus faciles à observer depuis la surface.
Avant de poser sa serviette sur une anse saintoise
Quelle est la plus belle plage des Saintes ?
La plage de Pompierre est la plus citée, pour sa baie fermée, son sable clair et son eau calme. Ceux qui préfèrent le snorkeling choisissent souvent le Pain de Sucre ou l'anse du Figuier, plus petites mais plus riches sous l'eau.
Peut-on se baigner à Grande Anse de Terre-de-Haut ?
Non, la baignade y est interdite à cause de la houle atlantique et des courants. La plage se visite en promenade ; pour nager, la côte sous le vent offre plusieurs anses abritées.
Faut-il dormir sur place pour profiter des plages des Saintes ?
Ce n'est pas obligatoire, une journée suffit pour Pompierre et le Pain de Sucre. Une nuit sur l'île permet en revanche de profiter des plages avant l'arrivée et après le départ des ferries, quand elles sont presque désertes.

